Réformes des retraites 2023 : l’inquiétude des syndicats européens

CFDT, CGT, FO, mais aussi l’OGBL luxembourgeoise, la CGIL italienne, l’Unia suisse ou encore la KMWU sud-coréenne… Derrière les drapeaux habituels des syndicats français, d’autres bannières flottaient en tête du défilé parisien du 1er-Mai, donnant une dimension européenne et mondiale au rassemblement français.

Les responsables français avaient invité des homologues internationaux, venus « nous montrer la solidarité des travailleurs et travailleuses du monde entier », salue la secrétaire générale de la CGT, Sophie Binet. « Ils sont très étonnés de l’attitude du gouvernement : chez eux, nous disent-ils, la réforme aurait été retirée depuis longtemps face à une telle mobilisation ! » Si des Iraniens, des Colombiens ou des Américains sont là, la majorité sont européens, partageant leur étonnement face à l’unité syndicale, la force de la mobilisation et la réponse du gouvernement.

« La première réforme d’austérité en Europe »

« Cette répression contre les militants, cette façon d’utiliser les données : cela nous surprend beaucoup de la part de la France et de l’idée que nous nous faisions de sa démocratie », témoigne ainsi Roman Kunzler, responsable de la branche transports de l’Unia, le premier syndicat suisse, venu « saluer l’unité syndicale face à un gouvernement qui prend un tour peu démocratique ».

« Cela nous surprend beaucoup en Suisse, où nous votons sur tout : une telle façon de passer en force n’aurait pas été possible », assure le responsable syndical d’un pays où l’âge de départ à la retraite est déjà de 65 ans. « Mais notre droite aimerait encore aller plus loin », s’inquiète-t-il, convaincu que « partout en Europe, il y a des attaques contre les droits des travailleurs et travailleuses ».

« La réforme française est la première réforme d’austérité en Europe : c’est pour cela que nous devons être vigilants », assure Esther Lynch, secrétaire générale de la Conférence européenne des syndicats (CES), présidée pour quelques semaines encore par Laurent Berger.

D’autres gouvernements pourraient être tentés de passer en force

Elle se dit notamment préoccupée par « la manière dont les syndicats français ont été ignorés par le gouvernement » et craint que « d’autres gouvernements soient tentés de ne pas respecter le dialogue ». La situation française est donc un test. « Tous les gouvernements s’observent les uns les autres : si l’un voit que l’autre réussit à passer en force, il pourrait essayer de faire pareil », s’inquiète l’Irlandaise qui coordonne les syndicats au niveau européen.

« Que ce soit en Allemagne, en Belgique, au Royaume-Uni, on voit des mobilisations importantes, c’est important pour nous d’être là pour soutenir les Français », témoigne Valentina Orazzini, responsable des questions internationales de la Fiom, la branche de la métallurgie de la CGIL, le principal syndicat italien. « Ce qui nous impressionne c’est l’unité du mouvement à la fois entre syndicats, mais aussi avec la société », reconnaît-elle, un brin admirative. Elle espère que les syndicats transalpins, pourtant bien plus forts en nombre d’adhérents, soient un jour capables d’un « vrai mouvement qui traverse toutes les générations ».

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