Lycées professionnels : pourquoi les syndicats appellent-ils à la grève

Les principaux syndicats de la voie professionnelle, FSU, Sgen-CFDT et SNALC, ont appelé à une « mobilisation d’ampleur » ce mardi 12 décembre. Ils exigent le « retrait » de la réforme du lycée professionnel.

Annoncée par Emmanuel Macron en mai dernier et partiellement mise en place depuis la rentrée dernière dans les 2 100 lycées professionnels de France, cette réforme est vivement critiquée par les syndicats, qui y voient la « mise en péril » de l’avenir des quelque 621 000 élèves concernés.

Stages rallongés et gratifiés

L’une des principales critiques de la réforme, dont la mise en œuvre doit s’échelonner jusqu’en 2026, concerne le rallongement des périodes de stage à partir de la rentrée 2024, de huit semaines actuellement à deux fois six semaines. Ce rallongement devait s’accompagner de la mise en place d’une indemnité à destination des élèves à hauteur de 50 à 100 € par semaine en entreprise, payée par l’État. Un élève en bac pro pourrait ainsi cumuler 2 100 € pour l’ensemble de son cursus. Cette mesure était destinée à rétablir une forme d’équilibre avec l’apprentissage, l’autre voie professionnelle qui attirait jusqu’ici les candidats pressés de gagner leur vie.

«Augmenter les périodes de stage en terminale, c’est diminuer d’autant le temps d’école pour toutes les disciplines », déplorait le syndicat Snuep-FSU dans un communiqué publié en septembre dernier. Les opposants à la réforme craignent notamment que les jeunes délaissent le diplôme au profit du stage rémunéré. Or l’accès au marché du travail apparaît plus compliqué pour les non ou peu diplômés : «plus les jeunes sont diplômés, plus ils sont maintenus en emploi», selon un rapport l’OCDE, cité par le syndicat. Les syndicats craignent aussi que les lycéens de la voie professionnelle se retrouvent en concurrence avec les élèves de seconde générale et technologique, désormais obligés d’effecteur un stage de deux semaines au mois de juin.

«Le dernier stage de l’année de terminale doit pouvoir être le premier emploi», s’est de son côté justifiée la ministre déléguée chargée de l’enseignement et de la formation professionnels, à Ouest-France. Selon Carole Grandjean, qui porte la réforme, l’enjeu est de lutter contre le décrochage, particulièrement important en filière professionnelle. « Aujourd’hui, la moitié des élèves qui poursuivent des études après leur bac pro arrêtent avant terme », affirme-t-elle.

Suppression d’heures de cours

Autre critique formulée par les syndicats : le changement du calendrier du baccalauréat. « En positionnant les épreuves début mai et en supprimant drastiquement 85 heures d’enseignements professionnels en terminale, le ministère prend le risque inconsidéré d’augmenter l’échec des jeunes aux examens – les épreuves professionnelles ayant les plus gros coefficients », regrette le SNUEP-FSU dans un communiqué publié fin novembre.

Face à la fronde des représentants du personnel et des parents d’élèves, majoritairement opposés à la réforme, la ministre proposait d’augmenter de 10 % les enseignements généraux de terminale « Je souhaite augmenter de près d’un tiers les cours de mathématiques, français et enseignement moral et civique. En seconde et en première, nous constituerons des groupes à effectifs réduits pour mieux adapter l’enseignement des mathématiques et du français aux besoins des élèves », avait-elle assuré à Ouest-France.

Une compensation insuffisante pour Jean-Rémi Girard, président du syndicat SNALC, selon qui cette mesure « prend sur des heures existantes dédiées à l’accompagnement personnalisé, mais ne crée pas de nouvelles heures de cours ». « La formation des élèves de terminale va être écourtée par rapport à la formation actuelle, et le diplôme sera à nouveau dévalorisé », regrette-t-il.

La prochaine échéance de la réforme aura lieu le 16 décembre, avec un vote consultatif du Conseil supérieur de l’éducation, qui regroupe les parents les représentants du personnel, des parents d’élèves, et des représentants du Medef.

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