Face à Elisabeth Borne, les syndicats se présentent en position de force

Invitées à Matignon, mardi 16 et mercredi 17 mai, pour une reprise de dialogue trop attendue, les cinq confédérations syndicales représentatives (CFDT, CGT, FO, CFTC, CFE-CGC) ne se présenteront pas tels Les Bourgeois de Calais, soumis, la corde au cou, en reconnaissant leur défaite. Malgré treize journées de forte mobilisation, pendant plus de quatre mois, elles n’ont pas fait reculer Emmanuel Macron, inflexible dans sa volonté de reporter de 62 à 64 ans l’âge légal de départ à la retraite. Il leur reste une dernière carte à jouer, avec l’examen, le 8 juin à l’Assemblée nationale, d’une proposition de loi du groupe Libertés, indépendants, outre-mer et territoires visant à abroger la réforme.

Pour appuyer cette démarche, une quatorzième journée d’action est programmée, le 6 juin. Mais l’espoir est ténu, car même si une majorité de députés votent ce texte, il n’a aucune chance de franchir l’obstacle du Sénat, dominé par une droite favorable au report à 64 ans. Il faudra donc ouvrir une nouvelle page.

Les syndicats, dotés d’une image réhabilitée dans l’opinion – qui a soutenu très majoritairement leur combat et loué leur sens des responsabilités –, vont rencontrer Elisabeth Borne en position de force. Si elle veut changer de méthode et redonner du grain à moudre au dialogue social, la première ministre est obligée de donner des gages.

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Aucun ordre du jour n’a été établi pour les entretiens, mais Laurent Berger, qui a joué un rôle majeur dans une contestation dont il a pris le leadership, a esquissé une feuille de route. Le secrétaire général de la CFDT – qui, en dix ans de mandat, a hissé sa centrale au premier rang – va passer le relais, le 21 juin, à Marylise Léon. Il publiera le 19 mai Du mépris à la colère. Essai sur la France au travail (Seuil, 144 p., 12 €). Un titre très évocateur, qui résume à la fois son ressentiment vis-à-vis d’Emmanuel Macron et la passion qui a été au cœur de son action.

Des « propositions communes »

M. Berger, qui n’entend pas « blablater » avec Mme Borne, mais veut « négocier », a exposé ses attentes, qui sont autant d’exigences, dans un entretien à L’Obs, le 10 mai. « Certaines victoires sont possibles, souligne-t-il, notamment sur les salaires. Les minima sont au-dessous du smic dans 151 branches professionnelles sur 171. » Il propose d’ouvrir une discussion sur la semaine de quatre jours dans les entreprises et d’y prévoir des accords obligatoires sur l’emploi des seniors. « Nous pensons, ajoute-t-il, que le gouvernement doit s’engager à discuter vraiment des propositions des organisations syndicales sur des sujets qui touchent à la vie au travail. (…) Nous avons donc des choses à obtenir. Mais à une condition : que le gouvernement veuille vraiment écouter. »

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