À Bruxelles, les syndicats de toute l’Europe unis contre l’austérité

Bruxelles (Belgique), envoyé spécial.

À la sortie du train de 8 h 18 entre Paris-Gare du Nord et Bruxelles-Midi (Belgique), ce mardi 12 décembre, la centaine de militants CGT est accueillie par une délégation de leurs homologues de la FGTB. Les présentations faites sur le quai, les syndicalistes belges redirigent, drapeaux rouges de la centrale à la main, leurs camarades français en direction de la place Poelaert, pour l’euromanifestation organisée par la Confédération européenne des syndicats (CES) contre l’austérité. « En Belgique, malgré l’indexation des rémunérations sur l’inflation, la menace sur nos salaires est permanente. L’augmentation de la pauvreté est une réalité. Des coupes budgétaires ne mèneraient qu’à un appauvrissement général des travailleurs », glisse Julie Blondeel.

Responsable du département Europe de la FGTB, syndicat proche de la CGT, la dirigeante se mêle volontiers aux cégétistes lors de la distribution de matériel syndical. Sur le chemin, devant l’un des sièges de la FGTB, avant que Français et Belges n’entonnent l’internationale, elle poursuit : « Les syndicats européens doivent faire entendre la voix des travailleurs. Nous avons besoin de services publics forts, d’investissements massifs dans la transition écologique. Un nouveau tour de vis budgétaire serait une punition collective, surtout pour les jeunes générations. »

« L’Europe du capital, ça suffit ! »

À la veille d’un Conseil européen, les 14 et 15 décembre, les craintes des syndicats européens sont fondées. Suspendues depuis la crise du Covid, les règles budgétaires européennes devraient être rétablies d’ici à 2024. Concrètement, à compter du 1er janvier 2024, les États membres devront limiter leur déficit à 3 % et l’endettement public à 60 % de leur PIB. « Non à l’austérité, nous voulons de meilleures payes ! » lance, Esther Lynch, secrétaire générale de la CES, devant 15 000 militants venus de toute l’Europe.

Place Poelaert, cette euromanifestation est placée sous le sceau de la solidarité internationale. « Contre l’austérité, nous devons riposter, ensemble, en syndicalistes européens », glisse d’ailleurs Miranda Ulens, secrétaire générale de la FGTB. À ses côtés, Marylise Léon (CFDT) enchaîne : « Nous ne pouvons pas atteindre les objectifs budgétaires en rognant encore plus sur les services publics, les retraites et en renonçant aux investissements dans la transition écologique. »

Pour Sophie Binet (CGT), « l’Europe du capital, ça suffit ! » « L’austérité ? Nous avons déjà donné. Partout en Europe, nos services publics sont exsangues, les écoles et les hôpitaux ne fonctionnent plus ! » tance la secrétaire générale de la CGT, alors que plus de 3 500 militants cégétistes étaient à Bruxelles.

Dans le cortège en direction de la Commission européenne, Carine Patinet, sage-femme dans un hôpital belge, acquiesce : « Dans mon service, depuis le Covid, près de 10 % des effectifs se sont réorientés vers d’autres métiers. Les hôpitaux sont dans le rouge. Dans mon établissement, sauf urgence absolue, nous n’opérons qu’entre 8 heures et 16 heures. » Militante à la Confédération des syndicats chrétiens (CSC) belges, elle poursuit : « Un retour à une forte austérité signifiera une réduction drastique des subsides versés aux hôpitaux. Or, les établissements de santé sont déjà exsangues financièrement. Diminuer le nombre d’employés est impossible, car nous sommes déjà en sous-effectif. Où vont-ils trouver l’argent ? »

Un peu plus loin dans le cortège, Vincent, salarié dans la chimie, a sa réponse. « En Belgique, dans une société pharmaceutique comme GSK, un salarié produit 500 000 euros de richesse par an. Mais, au-delà de l’indexation des salaires, ils n’ont eu que 0,5 % d’augmentation. Les secteurs riches de l’économie doivent partager. »

Également militant à la CSC, tout de vert vêtu, il se dit inquiet de la montée de l’extrême droite en Europe. « Les politiques d’austérité renforcent les partis xénophobes et racistes. C’est vrai en France avec le RN et chez nous avec le Vlaams Belang en Flandre. L’extrême droite profite de la misère des travailleurs pour nous diviser. »

Badge du parti de gauche PTB sur le torse, Vincent reste admiratif de la lutte sociale contre la réforme des retraites, en France. « Les syndicats français ont été exemplaires. Pour défendre les pensions (retraites), ils sont mobilisés à des niveaux que nous n’atteindrons jamais en Belgique. En plus du passage en force, la répression contre les syndicalistes français est incompréhensible. »

Comme pour l’évasion fiscale, la répression antisyndicale n’a pas de frontières. En 2021, 17 militants de la FGTB ont été condamnés pour leur action de blocage du pont de Cheratte.

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